Alors que les manifestations du monde agricole continuent dans tout l’hexagone, c’est deux visions de l’avenir de l’agriculture qui s’opposent sous nos yeux. Une vision ultralibérale, portée sur le profit, qui broie les humains et saccage l’environnement; et une vision à long terme, soucieuse du bien-être de celles et ceux qui produisent ces matières premières et de celles et ceux qui les consomment.
Depuis plusieurs semaines, les agriculteurs et agricultrices se mobilisent contre l’abatage systématique des troupeaux de bovins entiers lorsqu’une bête est contaminée par la DNC (dermatose nodulaire contagieuse) ainsi que contre la signature de l’accord de libre échange entre l’Union Européenne et le Mercosur. Cet accord met de fait les agriculteurs dans une compétition qu’ils ne peuvent gagner. Ayant des coûts de production moins élevés et des obligations sanitaires moins vertueuses que celles que nous avons en Europe, les gros producteurs du Mercosur vont désormais être en mesure de concurrencer les producteurs français et européens sur le territoire national. L’accord a été signé, mais il doit être ratifié par le Parlement Européen pour pouvoir entrer en vigueur.
Force est de constater que lors de ces manifestations, des traitements de faveurs sont accordés à certains syndicats agricoles dont, ironiquement, les dirigeants portent en général la voie du libéralisme économique, tandis qu’un autre syndicat agricole est plutôt réprimé. On a ainsi pu voir les tracteurs de la FNSEA et des JA devant l’Assemblée Nationale, escortés par des policiers alors que 52 militant.es de la Confédération paysanne dont 3 porte-paroles du syndicat ont étés placés en garde à vue avant d’être relâché.es plusieurs heures plus tard.
Ces paysan.es et militant.es sont réprimés car ils portent un autre discours que celui de l’exploitation généralisée des humains et de l’environnement. Dans le Morbihan, la Confédération paysanne a ainsi joué un rôle actif dans la mobilisation pour une révision vertueuse du SAGE Vilaine (https://deambulaterre.org/2025/11/04/revision-du-sage-vilaine-votre-avis-compte-pour-proteger-leau/).

avec la Confédération Paysanne
Par un moratoire décidé par le premier ministre Sébastien Lecornu, le SAGE vient d’être suspendu (https://reporterre.net/Le-moratoire-sur-l-eau-pourrait-entraver-l-adoption-du-plus-grand-schema-de-l-eau-de-France), peut-être pour calmer la colère de la FNSEA, des JA et de la Coordination Rurale. Ces mêmes syndicats ont empêché la tenue de la dernière réunion de la Commission Locale de l’Eau visant à entériner le SAGE, bien que la principale mesure contre laquelle ils s’opposent ne concerne que 1,4% des terres agricoles, rappelle Reporterre (https://reporterre.net/Pesticides-en-Bretage-la-FNSEA-fait-annuler-une-reunion-sur-le-nouveau-plan-de-gestion-de-l-eau
La Confédération paysanne du Morbihan pose une question : que faire maintenant ? Elle rappelle que « manifestations, pétitions, blocages, élections… tous les leviers sont activés et toujours le constat d’une impuissance à corriger l’évolution tragique de nos sociétés. ». Loin d’être un constat amer et passif, le syndicat appelle au contraire à se « demander comment être à la hauteur des enjeux actuels. » et appelle à la mobilisation en invitant les citoyen.nes à un temps d’échange sur ces sujets, le 21 janvier au monument de la résistance bretonne de St Marcel à partir de 15h.