Jean Luc Vrignon est marqué par la réouverture de la carrière du Tahun à Guémené Penfao et inquiet à nouveau par la possible implantation d’une mine dans ce secteur. A la lumière de l’actualité, il propose cette réflexion qui établit une correspondance entre l’extraction et la guerre.
Par Jean-Luc Vrignon
L’extractivisme des carrières et des mines doit être appréhendé de deux façons : non seulement par leurs impacts locaux, mais aussi par la raison de ces productions. Si nous ne savons pas toujours ce qui est au principe des guerres, par contre nous en connaissons les grands bénéficiaires : les entreprises de BTP et minières. Avoir les moyens de détruire et de reconstruire, puis recommencer, tels sont les enjeux. Les signifiants d’indépendance, de souveraineté, ne sont là que pour recouvrir l’intention d’avoir les armes en main pour cette économie de guerre ou cette guerre économique.
Face à ces guerres facilitées par les technologies, des troupes au sols, non des militaires, mais des militants, militantes en Bretagne résistent pour que la terre nourricière ne se transforme pas en matière létale.
Des centaines de milliers de tonnes de minerais extraites pour construire un char ou un bombardier, des mines sur nos territoires pour miner les terrains adverses, des montagnes sacrifiées pour faire des batailles navales. La croûte terrestre craquelle de toute part. Champs de ruines.
Ne vous inquiétez pas, on reconstruira des rivieras, des villes high-tech, et des routes plus larges pour les portes-chars et Hummers. Mines et carrières au service de ce nouvel immonde. Pour arrêter cette course, la seule lutte qui vaille est de s’opposer à ces extractivismes, à la production de substance à canon, à l’alimentation de cette machinerie destructive, à ces murs de béton qui tombent sur les vies.
Peut-être pourrions nous dire que certains minerais sont néanmoins nécessaires pour les appareils médicaux, mais combien sont les victimes collatérales provoquées par les guerres et les atteintes à l’environnement ? Quant aux serveurs numériques, consommateurs de métaux, ils servent aussi ces mêmes jouissances pulsionnelles mortifères.
Stop Belenos, Stop Taranis, Stop Epona, Fin de carrière, les noms de ces collectifs sonnent comme des appels à l’arrêt des hostilités, à la fin des mutilations de ce qui fait notre humanité. S’accaparer des territoires pour leurs minéraux et y extraire ce qui permet d’autres accaparements manu militari, c’est un cycle infernal.
Stop aux mines sur nos territoires qui se transformeront un jour en mines antipersonnelles !