Après le succès de la journée de grève et de manifestation de la fonction publique du 29 septembre, les organisations syndicales ont appelé l’ensemble des salarié.es du public comme du privé, les jeunes et les retraité.es, à franchir une nouvelle étape : faire grève et manifester le jeudi 5 novembre. Les citoyen.nes de Ploërmel ont répondu en nombre.
Par Sylvain
Ce 5 novembre 2026, l’intersyndicale de Ploërmel s’est réuni suite à l’appel unitaire interprofessionnel et du collectif Déambulateurs 56. Le rendez-vous était donné devant le lycée Mona Ozouf à 10h30. Cependant, la direction de l’établissement n’a pas laissé sortir les lycéen.nes qui souhaitaient rejoindre le cortège le temps de la déambulation qui s’arrêtait sur la place « du peuple » devant la mairie. C’est environ 700 citoyen.nes de tous âges qui se sont élancés, accompagnés par la gendarmerie et de la police municipale présentes pour sécuriser le parcours, et probablement un peu pour les vitrines.












Les travailleur-euses vivent un déclassement inédit. Carburant, produits alimentaires, loyers, gaz, électricité… tout augmente sauf les salaires et les pensions. Notre pays est au bord de la récession et les plans de licenciements se multiplient dans l’industrie comme dans le commerce ou les services.
Pourtant, le gouvernement dans son projet de budget aggrave encore la situation en s’attaquant notamment aux plus précaires et aux malades, en gelant les prestations sociales et en réduisant le rôle protecteur de la sécurité sociale. Il baisse aussi les moyens de nos services publics et gèle le salaire des fonctionnaires pourtant en première ligne encore cet été pour sauver des vies et répondre aux besoins de la population face aux canicules et aux méga feux. Face aux défis climatiques et technologiques qui nous attendent, une politique industrielle n’est plus une option : elle est une nécessité qui fait pourtant cruellement défaut.
La mobilisation des lycéen·nes et des étudiant·es est légitime. Leur colère, leurs inquiétudes et leurs revendications doivent être entendues et prises en considération. Les jeunes doivent pouvoir grandir, apprendre, se former, construire leur avenir et dans des conditions dignes.
C’est donc dans le respect de l’indépendance du mouvement lycéen que les organisations présentes ont partagé les revendications pour de meilleures conditions d’étude et davantage d’égalité. Les manifestant.es et grévistes soutiennent le droit des lycéen·nes et des étudiant·es à se mobiliser, à manifester et à se réunir pacifiquement, librement et en sécurité.











Les organisations syndicales alertent le gouvernement et le patronat : la colère est immense, la situation du pays est fragile, il faut sans attendre répondre aux urgences sociales et environnementales.
Elles demandent :
- L’ouverture immédiate dans toutes les entreprises et dans toutes les branches de négociations pour augmenter les salaires et réaliser l’égalité salariale Femmes – Hommes.
- L’augmentation des pensions des retraités, pour le régime de base comme pour les retraites complémentaires AGIRC ARRCO.
- L’augmentation de la valeur du point d’indice des fonctionnaires et des mesures de revalorisation des carrières de la fonction publique.
- L’augmentation du SMIC et de toutes les aides sociales (APL, allocations familiales, bourses étudiantes, RSA…)
- Une planification environnementale et industrielle pour relocaliser et décarboner notre industrie. Des moyens pour lutter contre le réchauffement climatique et adapter notre société : isoler les bâtiments, végétaliser les villes, développer les transports collectifs décarbonés.
- L’augmentation des moyens de nos services publics pour préparer l’avenir, former les jeunes, soigner et accompagner nos aînés et faire face au dérèglement climatique.
- Des mesures de justice fiscale pour taxer les patrimoines, les héritages et les dividendes, l’évaluation, le conditionnement et le redéploiement des 211 milliards d’aides publiques.